Après les affrontements communautaires ayant opposé les Massalat et les Bichechate dans le département du Batha Est, les ressortissants de la zone ont décidé d’agir. Du 6 au 9 septembre, une délégation s’est rendue auprès des populations pour transformer la douleur en dialogue et rappeler une vérité essentielle : aucune communauté ne gagne lorsque la paix perd.
Dans un contexte marqué par le deuil et les tensions, la délégation conduite autour de plusieurs personnalités originaires du département a choisi la voie de la proximité.
Cheikh Mahamat Djibrine Yemine, le chef de race de N’Djamena et ses environs Aboubakar Mohamed Razakha, le président du Parti du Peuple pour le Changement (PPC) Khalil Mahamat Djibrine, Abderahim Tadjadine Djalabi, président du bureau de soutien Horizons des jeunes patriotes et coordinateur national premier adjoint de la Coordination des artistes et artisans du MPS, Aboubakar Souleymane Tidjani, CRP du Secrétaire général du MPS, Mahamat Alboukhari Oumar et le Dr Amine Oumar, président de la caisse des Abna-Massalat, ont pris part à cette mission de paix.
La première étape de leur démarche a été celle de la compassion. La délégation a présenté ses condoléances aux familles endeuillées, partageant la douleur des victimes et rappelant que la souffrance humaine ne doit jamais être enfermée derrière les frontières d’une appartenance communautaire.
Mais la mission ne s’est pas limitée aux condoléances.
Des rencontres et consultations ont été organisées avec les différentes forces vives du Batha Est afin de rappeler la nécessité de préserver la cohésion sociale et de respecter les engagements pris lors de la tournée gouvernementale.
Le message porté par la délégation est sans ambiguïté : la violence ne peut pas devenir un mode de règlement des différends, et les conflits ne doivent pas détruire les liens historiques qui unissent les communautés d’un même département.
Dans ses différentes interventions, Cheikh Mahamat Djibrine Yemine a mis l’accent sur la foi, la résilience et l’abnégation. Des valeurs qu’il considère comme indispensables pour accompagner les efforts de réconciliation et permettre aux populations de tourner la page des violences.
Le geste des ressortissants du Batha Est mérite d’être souligné. Dans les périodes de crise, les discours prononcés loin des populations ne suffisent pas toujours. Il faut parfois aller sur le terrain, regarder les familles dans les yeux, écouter leurs inquiétudes et leur rappeler que l’avenir reste possible.
C’est précisément le sens de cette mission : refuser que la peur, la vengeance et la méfiance dictent l’avenir du Batha Est.
La paix ne se décrète pas. Elle se construit patiemment, par le dialogue, le respect des engagements et la volonté des communautés de choisir l’avenir plutôt que les divisions.
À Oum Hadjer et dans le Batha Est, le message des ressortissants est désormais lancé : après les affrontements, il faut reconstruire les ponts. Car aucune terre ne peut prospérer lorsque ses propres enfants se regardent comme des adversaires.

